Dipsacus fullonum L. – syn Dipsacus sativus H. – Dipsacaceae

La cardère des foulons ressemble à un chardon des champs très élancé …

Cette espèce cultivée de la cardère, que l’on trouve aussi à l’état sauvage (alors cardère sylvestris), a aujourd’hui quasiment disparu.

Une cardère en plein Paris !? Ça n’existe pas … Et pourquoi pas ?

Les bonnes raisons de planter une cardère des foulons

La cardère ravira les nostalgiques des paysages champêtres.

Elle séduira aussi les amateurs de design, avec sa magnifique tige longiligne rigide et graphique, juchée d’une fleur mauve en capitule hérissée et de long cils crochus qui la cernent en couronne.

La cardère est le « cabaret des oiseaux ». Ils s’y abreuvent de l’eau qu’elle retient entre ses feuilles qui se forment comme des coupes à l’aisselle de la tige. Elle est aussi une réserve de graines en plein hiver. Grâce à elle, les oiseaux peuvent chanter dans le vent glacé.

Elle est aussi nectar pour les bourdons et papillons qui tournent autour comme on lèche un esquimau, mais une langue ne se frotterait pas contre ses piquants.

La cardère ravivera peut-être aussi les souvenirs de vos grands-mères… Sa fleur hérissée, dotée d’épines recourbées, fermes et souples, était utilisée pour peigner les fils de laine.

Étymologie :

Dipsacus dérivé du grec Dipsan akeomaï = “je guéris la soif”.

En latin :

  • Sativus = “semé, cultivé” ;
  • Fullonum = “foulon”. Un foulon est un artisan qui foule, qui apprête les étoffes de drap ou de laine.

Les surnoms de la cardère :

La cardère porte beaucoup de noms vernaculaires, témoignant de sa présence sur une diversité de territoires. Elle pourrait rejoindre une des chansons de Thomas Fersen : « bonnetier, peignes-bourriques, chardon de loup, roncines, grattoirs, araignées, hérissons, porcs-épics, ou encore cabaret aux oiseaux, chardons à draps, cardère des villes, cardère cultivée ».

Us et coutumes

La cardère des foulons était cultivée dès l’antiquité pour l’artisanat textile. La fleur séchée était fixée sur des peignes pour carder la laine.

Par ses crochets acérés, à la fois durs et élastiques, elle n’avait pas de rivale pour tirer délicatement les fils de la trame de laine. Au XIXème, elle était montée comme outil sur les laineuses. Elle était alors cultivée à proximité des manufactures de draps fins. La concurrence des brosses synthétiques a mis un terme à la culture de la cardère dans les années 80.

Comment faire pousser une cardère à Paris

Suivons les conseils de… La Hulotte. Le célèbre petit journal « le plus lu dans les terriers » a entrepris en 2011 de sauver la cardère cultivée. Il en a multiplié les dernières graines pour les distribuer à ses abonnés. Voici ses conseils.

Le sol qu’elle préfère :

  • Une terre légère ou de consistance moyenne, bien aérée, saine, perméable, de préférence dans un endroit ensoleillé.

Les endroits qu’elle déteste :

  • les terres humides, surtout celles où l’eau stagne pendant l’hiver. Cela lui donne le « blanc», c’est à dire l’Oïdium,
  • les terres trop fertiles : elle attrape des têtes trop volumineuses et déformées,
  • les terres trop pauvres : elle pousse en trois ans au lieu de deux.

A noter, elle n’est pas envahissante et s’élimine facilement.

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